Module 10
Couverture
Pente et rampant, surface en plan et surface réelle, tuiles, liteaux, écran, faîtage, ardoises, gouttières, poids et échafaudage.
Rappel de cours
Le vocabulaire du toit
Un toit à deux pans se lit sur le pignon, le mur qui porte la pointe du toit.
- Faîtage : la ligne du haut, où les deux pans se rejoignent.
- Égout : le bas du pan, d’où l’eau tombe dans la gouttière.
- Rive : le bord du pan, côté pignon.
- Rampant : la longueur du pan mesurée dans la pente, de l’égout au faîtage.
- Débord : la partie du toit qui dépasse du mur, à l’égout et en rive.
- Arêtier : l’arête saillante entre deux pans d’un toit à quatre pans. Noue : la ligne creuse où deux pans se rencontrent et où l’eau se concentre.
La pente
La pente se donne en pourcentage : hauteur ÷ projection horizontale × 100. Une pente de 100 % fait 45°.
Le faîtage monte de 2,40 m pour 3,20 m à l’horizontale : 2,40 ÷ 3,20 = 0,75, la pente est de 75 %.
Le rampant par Pythagore
Hauteur, projection horizontale et rampant forment un triangle rectangle : rampant² = hauteur² + projection².
√(3,20² + 2,40²) = √(10,24 + 5,76) = √16 = 4,00 m.
Un débord de 0,40 m mesuré à l’horizontale continue dans la même pente : dans la pente, il mesure 0,40 × 4,00 ÷ 3,20 = 0,50 m. Rampant total : 4,50 m.
Surface en plan, surface réelle
La surface en plan est celle qu’on voit d’avion : projection horizontale × longueur. La surface réelle est celle qu’on couvre : rampant × longueur. Elle est toujours plus grande.
- Tuiles, liteaux, écran, poids : on calcule sur la surface réelle.
- Gouttières et descentes : on calcule sur la surface en plan, car la pluie tombe à la verticale.
Pan de 12,00 m de long, rampant 4,50 m, projection 3,60 m : surface réelle 4,50 × 12 = 54 m², surface en plan 3,60 × 12 = 43,2 m².
La pente minimale d’une tuile
Chaque tuile a une pente minimale, donnée par le fabricant dans un tableau. Elle dépend de la zone (de la zone 1, la moins exposée au vent et à la pluie, à la zone 3, la plus exposée) et de la longueur du rampant : plus le pan est long, plus l’eau s’accumule en bas, plus il faut de pente. La pente du toit doit être au moins égale à la pente minimale lue dans le tableau.
Tuiles, pertes et palettes
tuiles = surface réelle × tuiles au m² × (1 + pertes)
On ajoute environ 5 % de pertes sur un toit simple (casse, coupes), davantage avec des arêtiers ou des noues. On arrondit au-dessus, puis on compte des palettes entières.
50 m² × 13 tuiles au m² = 650 tuiles. Avec 5 % : 650 × 1,05 = 682,5, donc 683 tuiles. Palettes de 240 : 683 ÷ 240 ≈ 2,85, donc 3 palettes.
Liteaux et pureau
Les tuiles s’accrochent sur des liteaux cloués sur les chevrons. Le pureau est la partie visible de chaque tuile : c’est aussi la distance d’un liteau au suivant. Le reste de la tuile est caché sous le rang du dessus, c’est le recouvrement.
Beaucoup de tuiles ont un pureau variable (par exemple de 34 à 37 cm). On cherche le nombre de rangs qui tient entre le premier liteau, en bas, et le dernier, en haut :
- distance entre le premier et le dernier liteau ÷ pureau maximal, arrondi au-dessus : c’est le nombre d’intervalles ;
- distance ÷ nombre d’intervalles : c’est le pureau réel, qui doit rester dans la plage du fabricant ;
- nombre de rangées de liteaux = nombre d’intervalles + 1, comme les poteaux d’une clôture.
Distance 3,60 m, pureau de 34 à 37 cm : 360 ÷ 37 ≈ 9,7, donc 10 intervalles. Pureau réel : 360 ÷ 10 = 36 cm. Il faut 11 rangées de liteaux. Sur un pan de 8 m de long : 11 × 8 = 88 m de liteaux.
L’écran de sous-toiture
L’écran se déroule en lés horizontaux, de l’égout vers le faîtage. Chaque lé recouvre celui du dessous (souvent de 10 cm) : un rouleau de 1,50 m de large ne couvre que 1,40 m utiles.
Rampant 4,50 m : 4,50 ÷ 1,40 ≈ 3,2, donc 4 lés.
Faîtage, arêtiers, ardoises
Les faîtières se comptent avec leur longueur utile, sans la partie qui recouvre la suivante : 8,80 m de faîtage ÷ 0,40 m = 22 faîtières. Sur un toit à quatre pans, on compte chaque arêtier à part, puis on additionne.
Une ardoise posée au crochet est recouverte par les deux rangs du dessus : pureau = (longueur − recouvrement) ÷ 2. Ardoises au m² = 1 ÷ (largeur × pureau), en mètres.
Ardoise de 40 × 25 cm, recouvrement 9 cm : pureau (40 − 9) ÷ 2 = 15,5 cm. 1 ÷ (0,25 × 0,155) ≈ 25,8 ardoises au m².
Gouttières et descentes
Une gouttière a une pente d’au moins 5 mm par mètre vers la descente (DTU 40.5). Dénivelé = longueur × pente.
10 m de gouttière à 5 mm par mètre : 10 × 5 = 50 mm de différence entre les deux bouts.
Le fabricant indique la surface en plan qu’une descente peut évacuer selon son diamètre. Si la surface dépasse, on prend un diamètre plus gros ou une descente de plus.
Poids et échafaudage
Le fabricant donne la masse de la couverture posée, en kg/m² (souvent 40 à 50 kg/m² pour des tuiles en terre cuite). Poids sur la charpente = surface réelle × masse au m².
54 m² de tuiles à 45 kg/m² : 54 × 45 = 2 430 kg, près de 2,5 tonnes.
La hauteur d’égout se mesure du sol jusqu’au bas du pan. Avec un débord, l’égout est plus bas que le haut des murs. Elle sert à placer le plancher de l’échafaudage et sa protection, selon les règles du plan de sécurité du chantier (PPSPS).